C’est la larme à l’œil et le cœur encore plein de jolis souvenirs, que j’ai décidé d’écrire ce petit mot sur une maison qui a été pour moi un lieu de bonheurs, de
plaisirs, de fêtes, de rires et de plein d’émotions…je ne pouvais pas laisser tout ça partir sans rien dire.
Je sais, vous me direz, c’est le blog de ma fille, mais Mézières, c’est quand même la maison dans laquelle nous l’avons conçue après tout, alors quoi de plus normal
que de lui rendre hommage ? Un hommage que n’aurait pas lieu d’être, si en 1961, un couple de Parisiens n’avait eu la folle idée d’acheter cette petite ferme dans le Vexin. Ce couple, c’est mes
grands parents. Et voilà comment tout a commencé.
Je ne vais pas trop rentrer dans les détails, mais en gros, mes parents se rencontrent... hop hop... nous arrivons, ma soeur et moi, et peu de temps après nous voilà partis, le vendredi soir, alors que nous avons école le lendemain, dans la belle DS Citroën, direction l’autoroute de l’Ouest… sortie Bonnière et cette
longue route le long de la Seine qui me paraissait interminable à l’époque. Puis après la Forêt de Vernon, l’arrivée à Mézières… Et le rituel commence… trouver la bonne clé sur le trousseau de 25
qui ouvre le portail, à la lueur d’un briquet… et puis la même routine pour la porte de la maison… et ça y est… cette odeur que je n’oublierai jamais, cette odeur de vieille maison, qui sent à la
fois le renfermé et l’humidité, mais qui représente le début du week-end.
Pendant toutes ces années où je suis venu dans cette maison, ça aura été constamment le même refrain…et toujours dans la simplicité. Voilà, le mot qui résume le
mieux cette maison ; la simplicité. Et c’est pour cela, et grâce à mes grands parents qui ont su conserver cet état d’esprit, que tous les cousins, les cousines, les frères et les sœurs, les
amis, les amis de la famille, les amis des amis ou même les petites copines ont toujours ressenti ce sentiment de bien être dans cette simple maison de campagne.
Je pense que si Mézières avait des mains, elle pourrait écrire un roman avec toutes les histoires qui se sont passées entre ses murs. Toutes ces histoires, qui me
reviennent à l’esprit… je pense qu’il y en a autant que de graviers dans l’allée, ou de pâquerettes dans le gazon.
Mes premiers souvenirs de bébé, mes premiers pas, premières baignade dans la lessiveuse remplie d’eau pour faire une piscine de fortune, mes premières nuits avec les
cousins dans le grenier aux jolies poutres apparentes ou dans le pigeonnier, aménagé pour l’occasion en cabane de luxe.
Mais, c’est aussi les premiers œufs brouillés du matin à la ciboulette du jardin de « super Papou » (rectte que j’ai transmise à Cathy et qui feront sûrement d’ici
quelques années, le bonheur d’Anaïs), sans oublier les rillettes et le saucisson à l’ail au p’tit dèj. Mes premiers mètres en vélo, mais aussi mes premières leçons de conduite avec Mamou sur les
petites routes de Tourny. Aujourd’hui encore, je ne peux conduire sans repenser à ces moments.
Mézières c’est aussi la sieste à l’ombre des arbres, et les interminables parties de tennis, avec Papou qui regarde en inspectant du coin de l’œil pousser son
potager et Mamou qui coupe des bouquets de lilas. Et après une bonne douche au jet d’eau, les uns préparent l’apéro, pendant que les autres s’activent autour du barbecue. C’est généralement le
signe d’une petite soirée sympa, une simple soirée à discuter pendant des heures ou à se faire une partie de Trivial ou de Risk, à la lueur d’une lampe tempête, avec une petite laine (car les
soirées en Normandie sont toujours un peu fraîches) et un p’tit calva sorti de la cave.
Et pour finir en beauté, une fois la nuit bien installée, et la pollution des lumières de la ville dissipée, Papou pouvait enfin sortir son Celestron… son télescope.
Et là, on passait des nuits à contempler les anneaux de Saturne, ou les cratères de la Lune et Papou nous lisait les étoiles comme on lit une histoire à un enfant. Aujourd’hui encore, quand je
suis en bateau et que je regarde les étoiles, je repense à ces longues soirées Celestron. Encore une fois, je ne remercierai jamais assez Papou pour ces superbes soirées.
Et le dimanche soir, une fois la maison rangée, au moment ou le soleil nous nargue en éclairant pour la dernière fois de la journée l’allée de graviers et qu’il faut
rentrer à Paris, c’est le plus dur… le dernier coup de serpillière et on ferme la maison et se donnant rendez-vous le week-end prochain.
Ce premier samedi du mois de mai 2007, nous avons fait comme d’habitude, sauf qu’on ne s’est pas donné rendez vous pour le week-end prochain… et, nous n’avons pas
vraiment fermé la maison. La page est tournée, Mézières ne sera plus notre maison de campagne, et il faut se faire à l’idée.
Aujourd’hui, j’ai deux énormes regrets ; de ne pas avoir eu l’argent pour racheter la maison et qu'Anaïs n'y soit venue que deux fois : je ne la verrai jamais courir
dans le gazon de Mézières.
Ne soit pas triste ma pettie Anaïs, même si je suis vraiment affecté, je pense qu’il ne faut pas terminer cette merveilleuse histoire sur une note triste. Les Jégu
sont partis, mais la maison reste là, et je suis certain que le gazon et les pâquerettes feront la joie de plein d’autres petits enfants.
Ci-dessous, une petite vidéo de quelques souvenirs de Mézières...
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